Rends aux Dieux Immortels le culte consacré ;
Garde ensuite ta foi : révère la mémoire
Des Héros bienfaiteurs, des Esprits Demi-Dieux.
Il t'est donné pourtant de combattre et de vaincre
Tes folles passions ; apprends à les dompter,
Sois sobre, actif et chaste ; évite la colère.
En public, en secret, ne te permets jamais
Rien de mal ; et surtout respecte-toi toi-même. (…)
Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière
Sans t'être demandé : Qu'ai-je omis ? Qu'ai-je fait ?
Si c'est mal, abstiens-toi ; si c'est bien persévère.
Médite ces conseils, aime-les, suis-les tous :
Aux divines Vertus ils sauront te conduire.
J'en jure par celui qui grava dans nos cœurs
La Tétrade sacrée, immense et pur symbole,
Source de la Nature et modèle des Dieux. (…)
Les Dieux dont les secours
Peuvent seuls achever tes œuvres commencées.
Instruit par Eux, alors rien ne t'abusera :
Des êtres différents tu sonderas l'essence,
Tu connaîtras de Tout le Principe et la Fin,
Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature,
Semblable en toutes choses est la même en tous lieux.
En sorte qu'éclairé sur les droits véritables,
Ton cœur, de vains désirs ne se repaîtra plus. (…)
Mais observe les Lois de la Nature, en t'abstenant des choses
Que ton âme doit craindre en les distinguant bien,
En laissant sur ton corps régner l'intelligence,
Afin qu'en t'élevant dans l'Éther radieux
Au sein des Immortels, tu sois un dieu toi-même
Vers d'or, attribués à Lysis.

TUMULTE
Dans le tumulte qui m'éprouve
Envahissant, enivrant, je le retrouve
Le vide vertigineux me transporte
Le voilà ! mon cœur, mon âme s'emportent
Émotions, sentiments contradictoires
je cherche vite une échappatoire
A ces ondes étourdissantes, véhémentes
Que les gênes et feintes sont étonnantes
Une sublime passion m'accapare
Mon Dieu, exaucez ma prière
Tous vos signes m'égarent
Apeurée par tant d'Impressions
Lui, erre dans son monde, construit une tombe
Et sa compensation dans l'oblation
M'affole, me révolte, m'incombe
Et je suis peinée de n'y accéder
A cette Taille, à cette Forteresse
Tant d'archers - autant d'adresse-
Repoussent l'intruse sans équité
Dans le néant, je le pourchasse
Mon Dieu, exaucez ma prière
Qu'il me pardonne, de grâce
De verbe, il m'inspire, lui sait me lire
A mon tendre Aimé, je veux tout dire
Se réunir dans un bleu confessionnal
Laissez surgir le désir paradoxal
Ventes joints, lubrifiés de nos suées
Un bien-être absolu et sans pensées
Le temps suspendu. Dans son éternité
Je l'ai rejoint, une fois, une nuitée
Contre son corps, je m'étends
Mon Dieu, Exaucez ma prière
Laissez moi mourir maintenant.
A Patrick
28 octobre 1997

Prière de la raison
(à Mme J.)
Permettez ces tourments, ces opposés
Une partie de mon âme s'en est allée.
Cette extrême déchirure
C'est commettre un parjure
O pardon, je souffre et Vous savez
Ce gouffre béant est Votre Volonté
André, mon enfant, mon premier bébé
Mon petit. En mon sein, je t'ai bercé
Cette fabuleuse intégrité
Cette majestueuse volupté
d'amour infiniment, je suis restée
je ne connaissais pas la Pureté.
Torturez-moi ! Je sais que Vous m'aimez
Testez ma Foi, Vous Vous savez aimé
Je l'ai langé, je l'ai nourri
Je l'ai baigné, il m'a souri
Mon trouble semé par Votre Vérité
Votre clarté devient mon obscurité
Rien de comparable à ce néant
De deuil, de vacuité, je m'éprends.
Mon galopin si fragile
Mon fanfaron si gracile
Je n'ai plus d'enfant, Vous me suicidez
Un long chemin de croix, Vous m'imposez
Ingratitude? ma dévotion reste sincère
Le temps m'injurie, pour Vous si éphémère
Iniquité ? le sort en est jeté
Fatalité ! les cendres au foyer
Ma maisonnée affligée, en désarroi
Malgré moi, j'ignore mes devoirs parfois
C'est ce vide, il me manque tellement !
cette absence qui rage, je lutte contre le vent
Écoutez une maman
Qui pleure Votre enfant
Vous l'avez choisi, Comprenez ma fierté
Vous l'avez repris, c'est Votre Qualité
Kyrielle de passions paradoxales
Entendez ma peine, ma voix sépulcrale
Implore Votre miséricorde
Délivrez-moi de la discorde
J'ai dû m'éloigner de sa sépulture
Plus rien à ajouter à ma torture.
8 novembre 1997

Laissez-moi dans mon abri silencieux
Au creux de mon lit espérer les cieux
Je ne veux pas grandir, être comme eux
Comme les dirigeants, ils sont odieux.
Leur ego est très fort et pourtant si bête
Je lutte contre la capture de mon être,
Surprend leurs besoins de dominations.
En notes cruelles luisent les jubilations.
Que m'importe vos quêtes,
vous exultez de chimères
Moi, dans une pâquerette,
Toute ma raison se perd
Parce que je ne dis jamais mots
ils me brisent en esclavage
Mais dans mes yeux à demi clos
comprennent leurs outrages
Ils traduisent mes exaltations
et mes sourires réjouis
Puis me giflent d'humiliations
comme si je les avais trahis
Mais je n'ai rien dit, j'étais partie
Je voletais avec les anges, mon ami.
Nous poudrions le monde de grâces
Ouvre ton âme et tu en verras la trace
A mon Directeur P.H
6 janv 2007