
TUMULTE
Dans le tumulte qui m'éprouve
Envahissant, enivrant, je le retrouve
Le vide vertigineux me transporte
Le voilà ! mon cœur, mon âme s'emportent
Émotions, sentiments contradictoires
je cherche vite une échappatoire
A ces ondes étourdissantes, véhémentes
Que les gênes et feintes sont étonnantes
Une sublime passion m'accapare
Mon Dieu, exaucez ma prière
Tous vos signes m'égarent
Apeurée par tant d'Impressions
Lui, erre dans son monde, construit une tombe
Et sa compensation dans l'oblation
M'affole, me révolte, m'incombe
Et je suis peinée de n'y accéder
A cette Taille, à cette Forteresse
Tant d'archers - autant d'adresse-
Repoussent l'intruse sans équité
Dans le néant, je le pourchasse
Mon Dieu, exaucez ma prière
Qu'il me pardonne, de grâce
De verbe, il m'inspire, lui sait me lire
A mon tendre Aimé, je veux tout dire
Se réunir dans un bleu confessionnal
Laissez surgir le désir paradoxal
Ventes joints, lubrifiés de nos suées
Un bien-être absolu et sans pensées
Le temps suspendu. Dans son éternité
Je l'ai rejoint, une fois, une nuitée
Contre son corps, je m'étends
Mon Dieu, Exaucez ma prière
Laissez moi mourir maintenant.
A Patrick
28 octobre 1997

Prière de la raison
(à Mme J.)
Permettez ces tourments, ces opposés
Une partie de mon âme s'en est allée.
Cette extrême déchirure
C'est commettre un parjure
O pardon, je souffre et Vous savez
Ce gouffre béant est Votre Volonté
André, mon enfant, mon premier bébé
Mon petit. En mon sein, je t'ai bercé
Cette fabuleuse intégrité
Cette majestueuse volupté
d'amour infiniment, je suis restée
je ne connaissais pas la Pureté.
Torturez-moi ! Je sais que Vous m'aimez
Testez ma Foi, Vous Vous savez aimé
Je l'ai langé, je l'ai nourri
Je l'ai baigné, il m'a souri
Mon trouble semé par Votre Vérité
Votre clarté devient mon obscurité
Rien de comparable à ce néant
De deuil, de vacuité, je m'éprends.
Mon galopin si fragile
Mon fanfaron si gracile
Je n'ai plus d'enfant, Vous me suicidez
Un long chemin de croix, Vous m'imposez
Ingratitude? ma dévotion reste sincère
Le temps m'injurie, pour Vous si éphémère
Iniquité ? le sort en est jeté
Fatalité ! les cendres au foyer
Ma maisonnée affligée, en désarroi
Malgré moi, j'ignore mes devoirs parfois
C'est ce vide, il me manque tellement !
cette absence qui rage, je lutte contre le vent
Écoutez une maman
Qui pleure Votre enfant
Vous l'avez choisi, Comprenez ma fierté
Vous l'avez repris, c'est Votre Qualité
Kyrielle de passions paradoxales
Entendez ma peine, ma voix sépulcrale
Implore Votre miséricorde
Délivrez-moi de la discorde
J'ai dû m'éloigner de sa sépulture
Plus rien à ajouter à ma torture.
8 novembre 1997

Laissez-moi dans mon abri silencieux
Au creux de mon lit espérer les cieux
Je ne veux pas grandir, être comme eux
Comme les dirigeants, ils sont odieux.
Leur ego est très fort et pourtant si bête
Je lutte contre la capture de mon être,
Surprend leurs besoins de dominations.
En notes cruelles luisent les jubilations.
Que m'importe vos quêtes,
vous exultez de chimères
Moi, dans une pâquerette,
Toute ma raison se perd
Parce que je ne dis jamais mots
ils me brisent en esclavage
Mais dans mes yeux à demi clos
comprennent leurs outrages
Ils traduisent mes exaltations
et mes sourires réjouis
Puis me giflent d'humiliations
comme si je les avais trahis
Mais je n'ai rien dit, j'étais partie
Je voletais avec les anges, mon ami.
Nous poudrions le monde de grâces
Ouvre ton âme et tu en verras la trace
A mon Directeur P.H
6 janv 2007

Trahison
Un matin qu'une opportunité m'avait été donnée
Dans ma maison, en province, je suis allée
Jubilant à l'avance de nos retrouvailles :
Tendrement humer ses cheveux en bataille.
Aux aurores, je suis arrivée et je les ai trouvé
A demi-nus, hagards, encore ensommeillés
Cet instant fut écrasant ... durant une éternité.
Je ne voyais que la belle ... j'étais hypnotisée
A l'évidence, elle ignorait mon existence
Devant mon silence, a supposé mon indifférence
Et se mit à me livrer ... de jolies confidences
Éberluée par sa naïveté ! j'ai écouté sa gaieté
Mon âme saisie, souffrant une cruelle agonie,
J'ai souri à cet être radieux, admirative, transportée
Jamais ! jamais, je ne comprendrais ma réaction !
Point de cris, de colère, de lutte à cette trahison
Juste, je suis partie ... et notre histoire ainsi s'est finie
M. 12/08/06
A Raymond

La mort est une amie conseillère
Pour relativiser nos arrogances
Et s'esclaffer de nos doléances
A l'affût telle une panthère
Elle guette nos faiblesses
A nos vacillements se redresse
Le temps est sa récréation
Elle expire les renaissances
et inspire nos décadences
Nous la nions, nous l'occultons,
Vaquons à maintes frivolités
En gaspillant le temps compté
Mais peu importe nos oeillères
Elle tranchera de toute façon
Car devant elle nous marchons
Elle est située à un bras derrière nous,
Sur notre gauche, le saviez-vous ?
Aussi proche que peut l'être une amie
La mort est une amie conseillère
Écoute-la quand tu te désespères
Elle dit : « Je ne t'ai pas encore touché »
26/01/2007