Prière de la Raison
Prière de la raison
(à Mme J.)
Permettez ces tourments, ces opposés
Une partie de mon âme s'en est allée.
Cette extrême déchirure
C'est commettre un parjure
O pardon, je souffre et Vous savez
Ce gouffre béant est Votre Volonté
André, mon enfant, mon premier bébé
Mon petit. En mon sein, je t'ai bercé
Cette fabuleuse intégrité
Cette majestueuse volupté
d'amour infiniment, je suis restée
je ne connaissais pas la Pureté.
Torturez-moi ! Je sais que Vous m'aimez
Testez ma Foi, Vous Vous savez aimé
Je l'ai langé, je l'ai nourri
Je l'ai baigné, il m'a souri
Mon trouble semé par Votre Vérité
Votre clarté devient mon obscurité
Rien de comparable à ce néant
De deuil, de vacuité, je m'éprends.
Mon galopin si fragile
Mon fanfaron si gracile
Je n'ai plus d'enfant, Vous me suicidez
Un long chemin de croix, Vous m'imposez
Ingratitude? ma dévotion reste sincère
Le temps m'injurie, pour Vous si éphémère
Iniquité ? le sort en est jeté
Fatalité ! les cendres au foyer
Ma maisonnée affligée, en désarroi
Malgré moi, j'ignore mes devoirs parfois
C'est ce vide, il me manque tellement !
cette absence qui rage, je lutte contre le vent
Écoutez une maman
Qui pleure Votre enfant
Vous l'avez choisi, Comprenez ma fierté
Vous l'avez repris, c'est Votre Qualité
Kyrielle de passions paradoxales
Entendez ma peine, ma voix sépulcrale
Implore Votre miséricorde
Délivrez-moi de la discorde
J'ai dû m'éloigner de sa sépulture
Plus rien à ajouter à ma torture.
8 novembre 1997

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